Quand des pages catégorie profondes ne remontent plus, « remettre du rel next/prev » ne changera rien : Google n’en tient plus compte. La pagination se joue ailleurs, dans la façon dont Google découvre et range les milliers d’URL qu’une liste paginée fabrique.
Rel next/prev est-il mort, et par quoi le remplacer ?
Oui, Google a retiré rel=next/prev de ses signaux d’indexation en 2019 et sa documentation le confirme. Il ne demande aucun remplacement : chaque page paginée est traitée comme une page autonome. Le bon réflexe est de garder des URL uniques et crawlables, un canonical propre par page, et un chemin de liens vers la profondeur.
L’annonce date du 21 mars 2019, sur le compte Twitter de Google destiné aux webmasters. Sa documentation officielle sur la pagination le confirme dans sa version de décembre 2025 : « Google ne tient plus compte de ces balises, bien qu’elles puissent encore être utilisées par d’autres moteurs de recherche. »
Aucun balisage ne les a remplacées : chercher le « nouveau rel next/prev » ne mène nulle part. Google traite chaque URL paginée comme une page distincte, qu’il explore et relie au reste du site par vos liens. Le travail consiste donc à rendre la séquence explorable, page après page.
L’erreur à éviter : canoniser toutes les pages vers la page 1
Une « solution » circule depuis la fin de rel next/prev : canoniser les pages 2 et suivantes vers la page 1. Google la déconseille en toutes lettres.
« N’utilisez pas la première page d’une séquence paginée en tant que page canonique. Attribuez plutôt à chaque page sa propre URL canonique. » (Documentation Google sur la pagination, décembre 2025)
Un canonical vers la page 1 présente les pages suivantes comme des doublons de la première. Si Google suit cette indication, il les analyse moins souvent : sa documentation sur la canonisation réserve l’exploration la plus régulière à la page canonique.
Les produits qui ne figurent que sur les pages profondes risquent alors d’être découverts plus lentement. Si seuls les premiers produits d’une catégorie sont indexés, vérifiez donc le canonical des pages 2 et suivantes avant d’accuser l’absence de balise moderne.
PrestaShop 8.2 et 9.0 font juste par défaut : leur cœur garde le numéro de page dans l’URL canonique d’une catégorie, et le thème Classic l’insère dans la page. Un canonical vers la page 1 y vient donc d’un module, d’un thème ou d’un développement ajouté.
Avant la technique, une décision : paginer, tout charger ou consolider ?
Pour un gros catalogue, paginer reste le choix sûr : chaque page a sa propre URL et Googlebot suit les liens de l’une à l’autre. Tout charger sur une seule URL (par un bouton ou au défilement) ne permet pas de traiter un très grand nombre de résultats, note Google.
- La pagination classique découpe la liste en pages numérotées reliées par des liens. Simple et robuste, elle reste explorable tant que ces liens sont de vrais <a href>. Google lui reconnaît un atout : l’internaute voit l’ampleur des résultats et sa position dans la liste.
- Le « charger plus » et le scroll infini gardent tout sur une URL et chargent la suite en JavaScript. Confortables pour l’internaute, ils demandent un repli pour le SEO : Googlebot ne clique pas sur les boutons et ne lance d’ordinaire aucun script qui attend une action de l’internaute.
- La page « tout afficher » réunit la liste entière sur une seule URL. Elle évite de répartir les produits sur plusieurs pages. Mais la limite que Google relève pour le « charger plus » et le défilement infini vaut aussi pour elle : une seule page ne permet pas de traiter un très grand nombre de résultats.
Le choix par défaut reste donc la pagination classique avec de vraies URL : elle offre à Google un chemin de liens vers la profondeur sans dépendre de l’exécution d’un script. Un « charger plus » peut cohabiter côté interface, à condition de doubler l’expérience JavaScript de liens paginés explorables.
C’est aussi le format natif des collections Shopify. Selon la documentation de Shopify, la balise Liquid paginate génère des liens du type ?page=2 et s’arrête au 25 000e produit d’une liste : pour atteindre les suivants, il faut filtrer la collection en amont.
La méthode : gérer la pagination proprement en 2026
Une fois le modèle choisi, la mise en œuvre tient en six règles tirées de la documentation de Google. Toutes se vérifient lors d’un audit technique de catalogue.
- Une URL unique par page. Google donne l’exemple d’un paramètre ?page=n et traite chaque URL de la séquence comme une page distincte.
- Un canonical propre à chaque page. La page 2 désigne sa propre URL comme canonique : l’inverse exact de l’erreur vue plus haut.
- Des liens de pagination en vrai HTML. Google explore les URL placées dans l’attribut href des balises <a> ; un bouton qui charge la suite en JavaScript ne lui ouvre pas la page suivante.
- Aucun fragment d’URL. Google ignore ce qui suit le #. Devant un lien vers #page=2, il peut croire la page déjà explorée et ne pas le suivre.
- Un repli crawlable pour le scroll infini. Si l’interface charge en JavaScript, fournissez en parallèle des URL paginées classiques que Googlebot peut suivre.
- Des tris hors de l’index. Une même liste présentée dans un autre ordre ne doit pas être indexée : Google propose un noindex ou un blocage dans le robots.txt. Le robots.txt que génère PrestaShop bloque déjà son paramètre de tri, et la version 9 ajoute un noindex aux listes triées ou filtrées.
Le noindex sur les pages 2 et suivantes se discute au cas par cas. Il n’économise pas d’exploration : selon le guide de Google sur le budget d’exploration, Google « enverra tout de même une demande d’exploration » avant d’abandonner la page. Gardez-le pour les listes sans aucune valeur de recherche.
Pagination et réponses générées par l’IA de Google
Pour figurer dans les fonctionnalités d’IA générative de Google, une page doit être « indexée et éligible à l’affichage dans la recherche Google avec un extrait ». C’est la condition de la recherche classique, rappelle le guide de Google consacré à ces fonctionnalités. Il ajoute une exigence propre au site : y être inclus dans la Search Console.
Les pages 2 et suivantes servent avant tout de chemin vers les fiches produit qui peuvent être reprises dans ces réponses. Une pagination qui empêche Google de découvrir ces fiches les en écarte donc aussi.
La Search Console mesure ces apparitions dans un rapport dédié aux performances dans l’IA générative. Pour ChatGPT et les autres assistants, voir notre page sur les citations LLM.
Cet arbitrage rejoint celui de la structure e-commerce dans son ensemble. Pagination, facettes et fil d’Ariane forment un même système de découverte : un audit SEO les examine ensemble.
Questions fréquentes
Faut-il mettre les pages 2 et suivantes en noindex ?
Rarement, et jamais par défaut. Une page en noindex reste explorée, puisque Google doit la demander pour lire la balise. Celle-ci n’économise donc aucune exploration. La documentation de Google sur la pagination propose le noindex pour les variantes triées ou filtrées d’une même liste. Pour la séquence elle-même, elle demande une URL canonique propre à chaque page.
La pagination fait-elle remonter les produits des pages profondes ?
Indirectement : les liens de pagination permettent à Google d’atteindre ces produits. Un produit relégué en page 12 n’est lié que depuis cette page, loin de la catégorie. Mieux vaut lui offrir un autre point d’entrée : maillage éditorial, collection thématique ou lien depuis une catégorie parente. Notre guide sur le PageRank sculpting traite de la répartition des liens internes.
Combien de produits afficher par page ?
Assez pour limiter le nombre de pages sans alourdir le chargement. Trop peu de produits multiplie les pages ; trop en ralentit l’affichage, que Google mesure avec les Core Web Vitals. Sur Shopify, la balise paginate accepte de 1 à 250 produits par page. Le bon seuil dépend du poids de chaque vignette et de votre serveur.
Faut-il retirer les balises rel next/prev déjà en place ?
Non, rien ne vous y oblige. Google n’en tient plus compte, et sa documentation précise que d’autres moteurs de recherche peuvent encore s’en servir. Les retirer ne changera rien à votre référencement sur Google ; les garder non plus. L’effort se place sur des URL explorables et un canonical propre à chaque page.
L’essentiel à retenir
La pagination n’a plus de balise magique depuis la fin de rel next/prev. Elle obéit à des règles simples : une URL unique par page, un canonical qui pointe sur elle-même et de vrais liens vers la page suivante. Le reste est un choix d’architecture, à trancher avant le code selon la taille du catalogue.
Pour auditer la pagination et la découverte de votre catalogue, parlons de votre projet.
Rédigé par Yonel Sasson, consultant SEO senior et GEO chez Getknown. Recommandations sourcées dans la documentation officielle de Google, la documentation développeur de Shopify et le code source de PrestaShop.