Gemini, Claude, Mistral : où en est la recherche IA hors ChatGPT ?
Hors ChatGPT, trois moteurs comptent en France : Gemini, adossé à Google Search et à ses 2 milliards d’utilisateurs d’AI Overviews ; Claude, qui interroge le web via un fournisseur tiers ; et Mistral, dont l’assistant Le Chat est devenu Vibe et puise l’actualité chez l’AFP. Chacun cite via son propre canal.
ChatGPT capte l’attention, mais il ne couvre qu’une partie des surfaces où votre marque peut apparaître. En audit, nous interrogeons chaque assistant séparément. La même requête B2B donne des réponses, et des sources citées, très différentes d’un moteur à l’autre. Comprendre pourquoi évite de courir après un réglage magique qui n’existe pas.
Trois moteurs, trois poids très inégaux
Hors ChatGPT, la hiérarchie est nette. Gemini profite de la distribution de Google. L’application Gemini a dépassé 750 millions d’utilisateurs mensuels d’après les résultats du quatrième trimestre 2025 de Google, relayés par TechCrunch. Surtout, les AI Overviews servaient 2 milliards d’utilisateurs mensuels en juillet 2025, chiffre communiqué par Google lors de ses résultats trimestriels. Aucun autre assistant n’approche cette portée.
Claude joue une autre partition. Anthropic vise les usages professionnels et développeurs. Sa recherche web, lancée en mars 2025 puis ouverte à tous les plans en mai 2025, reste un canal plus étroit, mais souvent consulté par des profils techniques et des décideurs. Le volume est faible, l’audience qualifiée.
Mistral tient la carte française. Son assistant grand public, longtemps appelé Le Chat, a dépassé un million de téléchargements en quatorze jours en février 2025, porté jusqu’à la première place de l’App Store français après un appui public d’Emmanuel Macron. Un point que le top 10 des articles « Gemini SEO » ignore encore : fin mai 2026, Mistral a fondu Le Chat dans Vibe, son agent unifié. Le produit que vos prospects cherchent sous « Le Chat » porte désormais un autre nom.
En clair, chaque moteur combine un canal d’accès au web, un signal de fraîcheur et un niveau d’adoption qui lui sont propres.
- Gemini (Google) puise dans l’index de Google Search via son grounding, avec des résultats en temps réel. Adoption : 750 millions d’utilisateurs mensuels pour l’application au quatrième trimestre 2025, et 2 milliards sur les AI Overviews en juillet 2025.
- Claude (Anthropic) interroge le web par un fournisseur de recherche tiers, à la volée. Sa recherche web a été lancée en mars 2025, puis ouverte à tous les plans en mai 2025.
- Le Chat, devenu Vibe (Mistral) combine le modèle Mistral et l’accord AFP, avec environ 2 300 dépêches par jour comme signal d’actualité. Adoption : un million de téléchargements en quatorze jours en février 2025, jusqu’à la première place de l’App Store français.
« Optimiser pour Gemini » : l’erreur de cadrage
On lit partout qu’il faudrait un réglage propre à Gemini : un schema.org « complet » spécial IA de Google, un E-E-A-T taillé pour lui. En réalité, Google répète dans son guide officiel d’optimisation pour la recherche IA qu’aucun balisage spécifique n’est requis pour ses surfaces IA : le bon SEO suffit. Le levier n’est pas un bouton par moteur.
Les données confirment que le problème est mal posé. Ahrefs a mesuré que seulement 12 % des URL citées par les IA figurent dans le top 10 de Google pour la requête d’origine. Pire pour le vieux réflexe « je suis premier, donc je serai cité » : la part des citations d’AI Overviews issues du top 10 est tombée de 76 % à 38 % entre mi-2025 et début 2026, après le passage des AI Overviews sous Gemini 3. Chaque moteur cite selon sa propre logique, pas selon un classement partagé.
Comment chacun va chercher ses sources
La divergence vient du canal de récupération, pas d’un secret d’optimisation. Trois mécaniques cohabitent.
Gemini s’ancre dans l’index de Google. Son grounding interroge Google Search en direct et rattache chaque passage à ses sources. Détail décisif : la documentation Google précise que le token Google-Extended contrôle si un contenu peut servir au grounding de Gemini. Une page qui bloque Google-Extended dans son robots.txt est donc écartée de ce grounding. Fermer ce robot revient à se rendre invisible pour Gemini.
Claude passe par un fournisseur de recherche tiers. Anthropic ne publie pas l’index derrière sa recherche ; à son lancement, des indices techniques pointaient vers Brave Search (TechCrunch, mars 2025), dont la présence sur la liste des sous-traitants d’Anthropic. Conséquence pratique : une page bien vue de Google peut être ignorée par Claude si elle est absente de cet index tiers.
Vibe (Mistral) s’appuie sur l’AFP pour l’actualité. Depuis un accord signé en janvier 2025, l’assistant puise environ 2 300 dépêches AFP par jour, en six langues, plus les archives depuis 1983. Une marque peut donc y apparaître via une dépêche de presse qu’elle n’a pas écrite, pas via sa page produit.
Notre test multi-LLM sur des requêtes B2B françaises
Pour sortir des impressions, nous appliquons un protocole simple et reproductible. Nous fixons un panier de requêtes métier, en français, proche des questions réelles d’un acheteur. Nous les posons à Gemini, Claude et Vibe le même jour, recherche web active. Puis nous relevons, pour chaque réponse, la marque citée, la source utilisée et sa nature : site officiel, presse, comparatif ou forum.
Deux constats reviennent sur les mandats industriels B2B que nous suivons, du type Hager ou Sonepar. D’abord, une même page peut être citée par un moteur et absente chez un autre le même jour : la faible convergence mesurée par Ahrefs, nous la voyons requête par requête. Ensuite, la source qui déclenche une citation française est souvent une page tierce, presse ou annuaire métier, plutôt qu’un contenu de marque. Nous vérifions donc toujours par quel canal une marque ressort, avant de décider où investir.
Ce relevé daté, répété à intervalle fixe, sert de base à nos recommandations. Le détail par plateforme se lit dans notre page sur les citations par les LLM.
Ce que ça change pour une marque française
Trois conséquences pratiques, valables au-delà d’un seul assistant.
Un même socle nourrit tous les moteurs. Une entité cohérente, des pages qui répondent clairement, des sources tierces qui vous mentionnent : ce socle alimente Gemini via Google, Claude via son index tiers, Vibe via la presse. Travailler son entité, Wikidata comprise, vaut mieux que dix réglages par moteur.
Le canal français mérite une attention propre. Pour un acheteur public ou un grand compte sensible à la souveraineté numérique, Vibe n’est pas un gadget. Mistral revendique une posture souveraine européenne et a fait entrer le néerlandais ASML à son capital lors de sa levée de série C, en septembre 2025. Être présent dans la presse française reprise par l’AFP devient alors un levier de visibilité dans cet assistant.
La distinction Google reste valable. Pour ses propres AI Overviews, Google dit que le SEO classique suffit. Le travail spécifique de citabilité vise surtout les moteurs conversationnels autonomes, comme ChatGPT, Claude ou Vibe. Cette double lecture structure notre approche de la présence dans les IA génératives.
Questions fréquentes
Le Chat de Mistral existe-t-il encore ?
Le nom a changé. Fin mai 2026, Mistral a réuni Le Chat et ses fonctions dans Vibe, un agent unique décliné en modes conversation, travail et code. Comptes, abonnements et historiques ont été conservés. Vos prospects qui cherchaient « Le Chat » utilisent aujourd’hui Vibe : même éditeur, même moteur, nouvelle marque.
Faut-il optimiser différemment pour Gemini et pour Claude ?
Pas avec des réglages magiques distincts. Le contenu utile, l’entité claire et les mentions tierces servent les deux moteurs. La vraie différence tient au canal : Gemini lit l’index Google, Claude passe par un fournisseur tiers. Vérifiez surtout que vous n’êtes bloqué dans aucun des deux, côté robots.txt.
Bloquer Google-Extended nuit-il à ma visibilité dans Gemini ?
Oui. La documentation Google indique que le token Google-Extended contrôle si un contenu peut servir au grounding de Gemini : bloquer ce robot dans le robots.txt écarte la page de ces sources. Le faire pour « protéger » son contenu revient à sortir de ce que Gemini peut citer. C’est un arbitrage à trancher en connaissance de cause, pas par défaut.
Perplexity compte-t-il dans ce panorama ?
Oui, comme moteur conversationnel qui affiche systématiquement ses sources. Son cœur reste la recherche plutôt que l’assistant généraliste, ce qui en fait un terrain d’observation utile pour voir quelles pages une IA juge citables. Nous l’intégrons à nos relevés au même titre que Gemini, Claude et Vibe.
Le bon réflexe : une entité solide, pas un réglage par moteur
Le marché de la recherche IA ne se résume pas à ChatGPT, et il ne se pilote pas moteur par moteur avec des astuces. Gemini, Claude et Vibe citent chacun via leur canal, mais récompensent le même socle : une entité identifiable et des contenus que d’autres jugent dignes d’être cités. Parlons de votre projet pour cartographier où votre marque apparaît, assistant par assistant.
Rédigé par Yonel Sasson, consultant SEO depuis 2014 et GEO depuis 2022, chez Getknown. Panorama issu de nos relevés multi-assistants et des sources publiques citées ci-dessus.