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Le spam score fait partie de ces indicateurs SEO que beaucoup consultent et que peu savent lire. Définition en une phrase : c’est une métrique créée par Moz qui estime, sur une échelle de 1 à 100 %, à quel point un site ressemble aux sites pénalisés ou bannis par Google. Précision utile d’entrée, car la confusion règne dans les résultats francophones : ce score n’a rien à voir avec le score de spam des emails, celui qui décide si votre newsletter atterrit en boîte de réception ou en courrier indésirable. Cette page traite le sens SEO du terme.
Chez Getknown, nous utilisons ce score comme filtre de départ dans nos audits de profils de liens. Bien utilisé, il fait gagner des heures de tri. Mal interprété, il déclenche des désaveux inutiles et des inquiétudes sans fondement. Ce guide détaille ce que la métrique recouvre, ses limites, et l’usage que nous en recommandons.
Que mesure le spam score ?
Le spam score est une métrique propriétaire de Moz, exprimée en pourcentage de 1 à 100, qui estime la probabilité qu’un site ressemble aux sites pénalisés ou bannis par Google. Il repose sur 27 signaux corrélés au spam. Cette métrique tierce et prédictive se lit comme un pré-filtre ; Google ne l’utilise pas.
La documentation de Moz donne une lecture plus précise du chiffre : un score de 60 % signifie que 60 % des sites présentant des caractéristiques similaires ont été pénalisés ou bannis par Google. Le score ne dit donc pas « ce site est du spam ». Il dit « ce site partage des traits avec des sites qui ont eu des ennuis ». Cette nuance conditionne tout le reste.
Deux « spam scores » sans aucun rapport : email et SEO
Tapez « spam score » dans Google en français : la majorité des résultats parlent de délivrabilité email. Les deux notions portent le même nom et n’ont rien en commun.
- En emailing, le score de spam évalue la probabilité qu’un message soit filtré avant d’atteindre la boîte de réception. Il dépend de la réputation de l’expéditeur, de l’authentification technique (SPF, DKIM, DMARC) et du contenu du message.
- En SEO, le spam score est la métrique Moz appliquée aux noms de domaine, celle qui nous occupe ici.
Si vous cherchez à sortir vos emails du dossier indésirable, cette page ne vous aidera pas. Pour tout ce qui touche à la qualité des backlinks et à la réputation d’un domaine, poursuivez.
Une métrique Moz, pas un signal Google
Le point le plus mal compris du sujet. Le spam score est calculé par Moz, sur l’index de Moz, avec des signaux choisis par Moz. Il n’apparaît nulle part dans la documentation de Google, et aucun outil commercial n’a accès aux systèmes de classement du moteur. Un site peut afficher 45 % chez Moz et se porter à merveille dans les résultats de recherche.
Ce constat vaut pour toutes les métriques du marché : Domain Authority, Authority Score, Trust Flow. Chaque éditeur construit son propre modèle sur son propre crawl. Ces scores sont des filtres de tri. Le verdict vient de l’examen manuel. Le raccourci « spam score élevé = site condamné » présente une estimation d’outil comme une décision de moteur.
Comment le score est calculé : 27 signaux corrélés au spam
La version actuelle du spam score repose sur 27 signaux documentés par Moz, identifiés par corrélation avec les sites pénalisés ou bannis de son index. La première mouture de la métrique, lancée en 2015, en comptait 17, un chiffre qui circule encore dans une bonne partie des articles français, y compris dans l’ancienne version de cette page. Parmi ces signaux :
- un faible nombre de pages sur le domaine ;
- la longueur ou la composition du nom de domaine (chiffres, tirets) ;
- un TLD statistiquement associé aux sites spam ;
- une densité de liens externes anormale par rapport au volume de contenu ;
- l’absence de favicon ;
- l’absence de coordonnées de contact visibles.
Corrélation n’est pas causalité
Relisez cette liste avec un œil de créateur de site. Un site récent et légitime coche « faible nombre de pages ». Une marque dont le domaine contient un trait d’union coche un deuxième signal. Aucun de ces traits ne constitue une faute : ils sont juste plus fréquents chez les sites spam que chez les autres. Moz l’écrit dans sa propre documentation, un score élevé ne signifie pas qu’un site est du spam.
En audit, nous constatons la même chose : des sites sains et correctement indexés affichent des scores moyens à cause de leur taille ou de leur extension de domaine. À l’inverse, rien n’empêche un réseau de sites construit pour manipuler le classement d’afficher un score bas. Le chiffre oriente le regard ; l’examen reste à faire.
Comment lire l’échelle Moz : le tableau récapitulatif
Moz découpe son échelle en trois zones. Le tableau reprend les plages officielles et y ajoute notre lecture d’agence, celle que nous appliquons lors du tri d’un profil de liens.
| Plage (échelle Moz) | Lecture | Action recommandée |
|---|---|---|
| 1 à 30 % | Faible : peu de signaux partagés avec les sites pénalisés | Aucune action. Lecture humaine seulement si le lien est stratégique. |
| 31 à 60 % | Moyen : plusieurs signaux présents, sans gravité en soi | Examen du site : contenu réel, coordonnées, profil de liens cohérent. |
| 61 à 100 % | Élevé : forte ressemblance statistique avec les sites bannis | Revue manuelle prioritaire. Jamais de désaveu automatique sur le seul score. |
Les plages proviennent de la documentation Moz citée plus haut. La colonne « action » reflète notre pratique d’agence.
À quoi sert le spam score en pratique : un outil de tri
L’usage rentable de cette métrique tient en un mot : le tri. Quand un profil compte des centaines de domaines référents, personne ne peut tous les examiner à la main. Classer les domaines par score décroissant fait remonter en tête de liste les liens toxiques présumés, et la lecture humaine commence là. Même logique côté acquisition : avant de solliciter un site dans le cadre de votre stratégie de netlinking, un coup d’œil au score écarte d’office les annuaires fantômes et les fermes de liens.
Ce pré-filtre alimente ensuite un travail plus sérieux. Pour décider quels liens conserver, surveiller ou désavouer, la méthode complète est détaillée dans notre page consacrée à l’audit des backlinks toxiques : le score de spam y sert d’entonnoir de départ ; la décision finale repose sur la lecture du site. Un désaveu décidé sur la seule foi d’un pourcentage Moz retire parfois des liens qui apportaient de la valeur.
« Réduire son spam score » : reformulez la question
La requête revient sans cesse, et elle part d’un malentendu. On n’optimise pas pour une métrique tierce : aucun réglage ne « baisse le chiffre », puisque celui-ci découle de signaux constatés sur le site. La bonne question est plutôt : parmi les signaux agrégés, lesquels révèlent un vrai problème chez moi ? Exercice à mener soi-même, car Moz n’indique ni quels signaux un domaine déclenche, ni l’historique du score dans le temps.
Trois cas de figure se présentent en pratique.
- Le signal reflète un vrai défaut (contenu quasi vide, aucune coordonnée, liens sortants vendus en masse) : corrigez le défaut pour vos visiteurs et pour Google. Le score suivra lors des mises à jour de l’index Moz, comme conséquence.
- Le signal est structurel et inoffensif (site jeune, peu de pages, TLD atypique) : ne touchez à rien. Gonfler un site pour flatter une métrique tierce n’apporte aucun bénéfice, ni à vos lecteurs ni à votre classement.
- Le score concerne un domaine qui pointe vers vous : évaluez ce site avant toute décision. Un lien naturel depuis un petit site à score moyen reste un lien légitime.
Où consulter le spam score : les outils
La métrique est disponible à plusieurs endroits, avec des niveaux de fraîcheur différents.
- Moz Link Explorer : la source de référence. Pour vérifier votre propre domaine, entrez le domaine racine dans Link Explorer puis ouvrez l’onglet « Spam Score » : la vue affiche votre score ainsi que la liste de vos domaines référents avec le leur, triable en un clic. Un compte Moz suffit pour un volume limité de requêtes.
- MozBar : l’extension de navigateur de Moz peut afficher le score pendant que vous parcourez un site, mais cette métrique relève de l’accès Premium lié à un abonnement Moz Pro ; le compte gratuit se limite à l’autorité de domaine et de page. Pratique en prospection de liens si vous êtes équipé.
- Vérificateurs en masse tiers : des sites gratuits interrogent l’API Moz pour vérifier des lots de domaines. Utile pour dégrossir, en gardant en tête que la fraîcheur des données varie.
- Métriques équivalentes des autres suites : Semrush propose son Toxicity Score, Majestic son ratio Trust Flow / Citation Flow. Chaque score sort d’un index distinct : les valeurs ne se comparent pas entre outils.
Moz publie aussi une courte vidéo officielle en anglais, « What is Spam Score? », utile pour faire découvrir la métrique à une équipe non SEO. Pour choisir votre outillage et croiser ces métriques entre elles, notre comparatif des outils d’analyse de backlinks passe en revue les forces et les angles morts de chaque suite.
FAQ : vos questions sur le spam score
C’est quoi le spam score en SEO ?
En SEO, le spam score est une métrique de Moz, exprimée de 1 à 100 %, qui estime la ressemblance d’un site avec les sites pénalisés ou bannis par Google. Elle repose sur 27 signaux corrélés au spam et sert surtout à trier rapidement de longues listes de domaines.
Le spam score est-il une métrique Google ?
Non. Le spam score est une métrique propriétaire de Moz, calculée sur l’index de Moz avec des signaux choisis par Moz. Google ne publie aucun score équivalent par domaine et n’utilise pas les indicateurs d’outils tiers. Un score Moz élevé n’a donc aucun effet direct sur votre classement.
Quel est un bon spam score ?
Selon la documentation Moz, un score de 1 à 30 % est considéré comme faible, de 31 à 60 % comme moyen, de 61 à 100 % comme élevé. Moz invite à un examen manuel au-delà de 60 %, sans conclure au spam.
Un score élevé signifie-t-il une pénalité ?
Non. Le score exprime une ressemblance statistique ; une pénalité, elle, se constate dans la Search Console (action manuelle) ou dans une chute de positions. Un site sain peut cumuler des signaux (peu de pages, domaine récent, TLD atypique) sans problème. En audit, nous voyons des sites propres afficher des scores moyens sans conséquence.
Comment réduire son spam score ?
Corrigez les signaux que le score agrège plutôt que le chiffre lui-même. Étoffez le contenu mince, affichez des coordonnées complètes, nettoyez un profil de liens artificiel, sécurisez le site. Moz recalcule la métrique environ chaque trimestre : le chiffre suivra vos corrections au rythme de son index.
Quelle différence avec le score des emails ?
Aucun rapport entre les deux. En emailing, le score de spam évalue la probabilité qu’un message finisse en courrier indésirable (filtres anti-spam, réputation de l’expéditeur, contenu du message). En SEO, il s’agit de la métrique Moz appliquée aux sites web. Même nom, mais deux disciplines qui ne partagent ni données ni méthode.
Un score qui vous inquiète ou un désaveu à arbitrer ? Parlez-en avec nous : nous regardons les liens avant les scores.
Article rédigé par Yonel Sasson, Getknown, agence SEO et GEO.